Marée noire ... Erika 1999
Presse : |
Erika
: le mauvais temps contre la marée noire
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Le
fioul lourd déversé par le pétrolier maltais Erika mène la vie
dure à la Marine française qui n'a jamais eu à traiter un polluant
aussi visqueux au large et teste pour la première fois ses techniques
de lutte anti-pollution dans
ces conditions. Le
ministre de la Défense, Alain Richard, arrivé hier en début d'après-midi
à Brest (Finistère) à la préfecture maritime, a déclaré qu'il
envisageait la mobilisation de l'armée dans le cadre du plan
Polmar-terre, en soutien aux opérations anti-pollution. La
zone polluée était constituée hier en milieu de journée d'un
triangle de 15 taches d'un diamètre de 100 à 150 m et dérivait en
fin d'après-midi vers le sud, à 94 km au sud-ouest de
Belle-Ile-en-Mer et à environ 80 km à l'ouest de l'île d'Yeu, selon
la préfecture maritime. La
préfecture maritime compte sur une accalmie
aujourd'hui avec des vents d'ouest faiblissants et des vents de
sud/sud-est de 10 à 15 nœuds à partir de demain. Après
l'échec jeudi des pompes du transrec (gros aspirateur) qui se sont
bouchées, la Marine a équipé l'Aillette et un autre bateau
identique, l'Alcyon, d'un nouveau système de pompage, le foilex, plus
adapté mais au début
plus lent. Les
deux bateaux, accompagné d'un troisième, le Rari, sont attendus sur
zone ce matin, a assuré l'Amiral. "Il
y a beaucoup de vent et une mauvaise visibilité… mais nous
tenterons tout, coûte que coûte. Chaque litre de fioul pompé en
mer, c'est autant de m3 de sable en moins à nettoyer sur la côte",
a déclaré le Commissaire général Yves Merle, adjoint de l'amiral
chargé de l'action de l'Etat en mer. Les
spécialistes essayaient hier d'affiner leurs prévisions. Des bouées
météorologiques ont été larguées dans la zone polluée pour
mesurer la vitesse du vent et la température de l'eau ainsi que deux
bouées mesurant les courants. Une
bouée effaroucheuse d'oiseaux, produisant des cris de prédateurs, a
également été installée sur zone où quelques oiseaux morts ont déjà
été repérés dans les plaques par les observateurs qui surveillent
en avion la zone. En
tout état de cause, même s'il restait au large, le polluant mettrait
" des mois à être digéré par l'environnement", a-t-il
ajouté. Source
Nice-Matin, 18 décembre 1999
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