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Presse :

 Erika : le mauvais temps contre la marée noire

 

 
 

   Le fioul lourd déversé par le pétrolier maltais Erika mène la vie dure à la Marine française qui n'a jamais eu à traiter un polluant aussi visqueux au large et teste pour la première fois ses techniques de lutte anti-pollution  dans ces conditions.

Le ministre de la Défense, Alain Richard, arrivé hier en début d'après-midi à Brest (Finistère) à la préfecture maritime, a déclaré qu'il envisageait la mobilisation de l'armée dans le cadre du plan Polmar-terre, en soutien aux opérations anti-pollution.

La zone polluée était constituée hier en milieu de journée d'un triangle de 15 taches d'un diamètre de 100 à 150 m et dérivait en fin d'après-midi vers le sud, à 94 km au sud-ouest de Belle-Ile-en-Mer et à environ 80 km à l'ouest de l'île d'Yeu, selon la préfecture maritime.

La préfecture maritime compte sur une accalmie  aujourd'hui avec des vents d'ouest faiblissants et des vents de sud/sud-est de 10 à 15 nœuds à partir de demain.

Après l'échec jeudi des pompes du transrec (gros aspirateur) qui se sont bouchées, la Marine a équipé l'Aillette et un autre bateau identique, l'Alcyon, d'un nouveau système de pompage, le foilex, plus adapté  mais au début plus lent.

Les deux bateaux, accompagné d'un troisième, le Rari, sont attendus sur zone ce matin, a assuré l'Amiral.

"Il y a beaucoup de vent et une mauvaise visibilité… mais nous tenterons tout, coûte que coûte. Chaque litre de fioul pompé en mer, c'est autant de m3 de sable en moins à nettoyer sur la côte", a déclaré le Commissaire général Yves Merle, adjoint de l'amiral chargé de l'action de l'Etat en mer.

Les spécialistes essayaient hier d'affiner leurs prévisions. Des bouées météorologiques ont été larguées dans la zone polluée pour mesurer la vitesse du vent et la température de l'eau ainsi que deux bouées mesurant les courants.

Une bouée effaroucheuse d'oiseaux, produisant des cris de prédateurs, a également été installée sur zone où quelques oiseaux morts ont déjà été repérés dans les plaques par les observateurs qui surveillent en avion la zone.

En tout état de cause, même s'il restait au large, le polluant mettrait " des mois à être digéré par l'environnement", a-t-il ajouté.

 

Source Nice-Matin, 18 décembre 1999